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AFCON 2025 peine à enthousiasmer le Maroc, sur le terrain comme en dehors – The Athletic
L’ambiance en clair-obscur de la CAN au Maroc : entre ferveur populaire et rigueur économique
L’accueil de la Coupe d’Afrique des Nations par le Royaume représente bien plus qu’une simple série de matchs ; c’est un test grandeur nature pour les capacités organisationnelles et l’économie locale. Si l’effervescence est palpable dans les ruelles historiques, elle se traduit différemment dans les enceintes sportives. À Marrakech, loin des tribunes VIP, c’est au cœur de la médina, près du Grand Hôtel Tazi, que le pouls de la compétition bat réellement. L’atmosphère y est enivrante, non pas grâce à l’alcool, absent des tables, mais par la concentration extrême des hommes rivés aux écrans de télévision, commentant chaque décision arbitrale avec une passion viscérale.
Cette ferveur, capturée par The Athletic, contraste singulièrement avec l’ambiance parfois aseptisée des stades lors des rencontres n’impliquant pas les Lions de l’Atlas. Dans des lieux comme le Café Roxe, la célébration d’un but marocain se propage par vagues, créant un enthousiasme collectif qui fait vibrer les murs. C’est ici que la véritable âme du football marocain réside : une expérience vécue comme une religion, où le spectateur, bien que simple observateur, se sent partie prenante du destin national. Cependant, cette passion de la rue peine parfois à se transférer intégralement dans les gradins des stades flambant neufs, révélant un décalage entre la ferveur populaire et l’accessibilité ou l’engouement pour les matchs « neutres ».

Une organisation sous le signe de l’efficacité « Business » 💼
Contrairement à l’édition précédente en Côte d’Ivoire, qui s’apparentait à un festival permanent type « Glastonbury » avec des maillots orange inondant les rues, l’AFCON 2025 au Maroc adopte une tonalité résolument plus sérieuse, presque comparable au Forum Économique Mondial. Pour le pays hôte, il ne s’agit pas seulement de participer à une fête, mais de valider une stratégie d’investissement massive. La victoire finale est perçue moins comme une joie potentielle que comme une nécessité impérieuse pour justifier les efforts consentis. Cette pression du résultat transforme l’atmosphère : on respire le soulagement plus que l’allégresse pure lorsque l’équipe nationale marque.
L’organisation a misé sur des standards élevés, garantissant des terrains de qualité supérieure et des infrastructures hôtelières dignes des plus grands clubs européens. Cette approche « clinique » assure une fluidité logistique indéniable, où tout se déroule selon le plan établi, sans les imprévus chaotiques qui font parfois le charme ou le cauchemar d’autres éditions. Les supporters étrangers, bien que moins visibles dans la foule touristique dense de Marrakech, profitent de ces installations, même si les « fan zones » comme celle de Bab Jdid ne s’enflamment véritablement que les jours de match du Maroc.
Le défi climatique et social : Un tournoi hivernal inédit
Un facteur inattendu a redéfini l’expérience des spectateurs et des joueurs : la météo. Organisée durant l’hiver nord-africain, cette édition pourrait rester dans les mémoires comme la « CAN des gros manteaux ». Avec des températures fraîches et des épisodes pluvieux à Tanger ou Rabat, le climat a dicté une énergie différente, loin de la chaleur tropicale habituelle de la compétition. Si Madonna a pu s’afficher à Marrakech sous un soleil d’hiver, l’ambiance générale dans les stades ouverts a parfois été refroidie par cette météo, influençant l’affluence et le confort des fans.
Sur le plan social, le tournoi se déroule dans un contexte particulier. Les investissements colossaux dans les stades ont suscité des débats, notamment mis en lumière par des mouvements de contestation quelques mois avant le coup d’envoi, réclamant davantage de fonds pour les services publics. Pour les autorités et les organisateurs, la réussite de l’AFCON 2025 est donc cruciale pour apaiser ces tensions et démontrer que le retour sur investissement, tant en image qu’en retombées économiques, justifie les milliards de dirhams engagés. C’est une équation complexe où la performance sportive des Lions de l’Atlas devient un levier de stabilité sociale.
Le contraste est frappant entre les éditions récentes, illustrant deux philosophies d’accueil distinctes :
| Critère | Côte d’Ivoire (2023) 🇨🇮 | Maroc (2025) 🇲🇦 |
|---|---|---|
| Ambiance générale | Festive, type carnaval populaire | Sérieuse, orientée « Business » et efficacité |
| Météo | Chaleur tropicale | Hivernale, fraîcheur et pluie (« Big Coat AFCON ») |
| Qualité des terrains | Variable | Excellente, standards européens 🇪🇺 |
| Pression sur l’hôte | Espoir de victoire | Obligation de résultat pour valider les investissements |
La conformité sportive au service de la stratégie marocaine ⚽
Sur le rectangle vert, la compétition a suivi une logique implacable, dénuée des surprises folles qui avaient marqué l’édition précédente (comme la déroute ivoirienne en phase de groupes). Les favoris ont tenu leur rang, donnant au tournoi un aspect ordonné qui sied parfaitement à la volonté de maîtrise du Maroc. Cette absence de chaos sportif renforce l’image de contrôle et de professionnalisme que le pays souhaite projeter à l’international, notamment dans la perspective de la Coupe du Monde 2030.
Les joueurs évoluant en Europe, habitués aux climats tempérés et aux pelouses parfaites, ont trouvé au Royaume des conditions de jeu idéales, favorisant un football technique et rapide. Si le spectacle gagne en qualité technique, il perd peut-être un peu de cette incertitude glorieuse qui fait le sel du football africain. Pour le marché local, cette démonstration de compétence organisationnelle est un signal fort envoyé aux investisseurs : le Maroc sait livrer des projets complexes avec rigueur.
Voici les éléments clés qui définissent cette édition singulière :
* 📢 Dualité des lieux : Une ferveur intense dans les cafés populaires vs des stades parfois clairsemés pour les matchs neutres.
* ❄️ Facteur climatique : Un tournoi hivernal qui modifie les habitudes des fans et l’ambiance dans les tribunes.
* 🏗️ Infrastructures de pointe : Des hôtels et des terrains d’entraînement qui répondent aux exigences de l’élite mondiale.
* 💰 Enjeu économique : Une pression immense pour rentabiliser les investissements infrastructurels par un succès sportif et d’image.
* 🛡️ Sécurité et ordre : Une organisation millimétrée évitant les débordements, au profit d’une image « safe » pour le tourisme.
Pourquoi les stades semblent-ils parfois vides lors de l’AFCON 2025 ?
Malgré des chiffres officiels de billetterie encourageants, l’affluence réelle pour les matchs n’impliquant pas le pays hôte est variable. Cela s’explique par la dispersion des touristes, le coût des billets pour les locaux, et une culture du football qui se vit énormément dans les cafés et les fan zones plutôt qu’au stade pour les rencontres neutres.
Quel est l’impact de la météo sur cette édition au Maroc ?
Organisée en hiver (décembre-janvier), la compétition fait face à des températures plus basses et de la pluie, contrairement aux éditions subsahariennes. Cela a valu au tournoi le surnom de ‘Big Coat AFCON’, influençant l’ambiance festive extérieure mais favorisant le jeu des footballeurs habitués aux climats européens.
En quoi l’organisation marocaine diffère-t-elle de celle de la Côte d’Ivoire ?
Le Maroc a adopté une approche plus ‘corporate’ et rigoureuse, axée sur la démonstration de ses capacités infrastructurelles en vue du Mondial 2030. Là où la Côte d’Ivoire misait sur une fête populaire exubérante, le Maroc privilégie l’efficacité, la qualité des pelouses et la sécurité, créant une atmosphère plus tendue mais logistiquement supérieure.
Curieuse du moindre indicateur, Laila décrypte l’économie marocaine comme une horlogerie fine. Elle aime transformer des chiffres bruts en analyses claires, nuancées, et toujours contextualisées. Son credo : rendre l’info économique compréhensible sans jamais la simplifier.