En bref
- 🤝 Collaboration stratégique entre l’OFPPT et l’UM6P pour renforcer l’Innovation et l’Entrepreneuriat dans la Formation professionnelle.
- 🚀 Lancement du Programme d’Innovation Entrepreneuriale (P.I.E) avec une logique « learning by doing » centrée sur l’expérimentation.
- 🧭 Parcours structuré en 3 étapes (acculturation, fondamentaux, studio d’immersion) étalé sur 2 ans pour accompagner les apprenants vers l’action.
- 🗺️ Déploiement démarré en régions pilotes (Souss-Massa, Oriental, Laâyoune-Sakia El Hamra) avant extension progressive à l’échelle nationale.
- 👩🏫 Montée en compétences des formateurs via un appel à participation et une certification dédiée, pour garantir la qualité pédagogique.
À l’heure où la formation professionnelle marocaine accélère sa transformation, la Collaboration entre l’OFPPT et l’UM6P s’impose comme un signal fort : l’Entrepreneuriat n’est plus un simple module périphérique, mais une compétence structurante, au même titre que les savoir-faire techniques. Le Programme d’Innovation Entrepreneuriale (P.I.E) s’inscrit dans cette dynamique, en proposant une approche éducative exigeante, bâtie autour de l’expérimentation, de la confrontation au terrain et de l’apprentissage par l’action. Conçu pour permettre aux apprenants de passer de l’idée à l’exécution, le dispositif mêle ateliers, rencontres avec des entrepreneurs, immersions et séquences hybrides, en présentiel comme à distance. La promesse est claire : ancrer une culture du projet et une posture d’initiative chez des profils divers, y compris ceux qui ne se pensaient pas « faits pour entreprendre ». En filigrane, une ambition : réduire les stéréotypes, renforcer l’employabilité et faire émerger des jeunes entrepreneurs capables de créer de la valeur dans leurs territoires.
OFPPT et UM6P : une collaboration structurante pour le lancement du Programme d’Innovation Entrepreneuriale (P.I.E)
Le Lancement du P.I.E intervient dans le prolongement d’une feuille de route nationale consacrée au Développement de la Formation professionnelle et à la montée en puissance des Cités des métiers et des compétences. Dans ce contexte, l’association entre l’OFPPT, acteur pivot de la formation qualifiante, et l’UM6P, reconnue pour son écosystème de recherche et d’Innovation, s’apparente à une alliance de complémentarités : d’un côté, la capacité de déploiement à grande échelle ; de l’autre, une expertise académique et entrepreneuriale orientée vers la résolution de problèmes concrets.
Ce type de partenariat répond à une réalité observée de longue date dans les organisations : les compétences techniques, aussi solides soient-elles, ne suffisent plus à elles seules. Les employeurs, les incubateurs, et même les administrations attendent désormais des profils capables d’identifier des opportunités, de tester une hypothèse, de structurer une proposition de valeur et d’argumenter face à des parties prenantes. Le P.I.E a précisément été pensé pour installer cette « grammaire » de l’Entrepreneuriat dans le quotidien des centres de l’OFPPT, sans la réduire à un discours inspirant mais peu opérationnel.
Pour illustrer l’enjeu, un fil conducteur simple peut être retenu : celui de Yassine, stagiaire en maintenance industrielle dans une cité des métiers. Très bon techniquement, Yassine peine à se projeter au-delà du salariat. Or, au fil des activités d’acculturation du P.I.E, il repère un irritant récurrent chez des ateliers de sa région : la difficulté à planifier la maintenance préventive et à tracer l’historique des pannes. Ce n’est pas encore une entreprise ; c’est un problème bien formulé. C’est justement là que le dispositif devient utile : transformer un constat de terrain en projet testable, puis en offre structurée.
La logique de Collaboration OFPPT–UM6P se lit aussi dans les méthodes : l’UM6P apporte des approches de design de programme, des outils d’idéation, des cadres d’expérimentation, tandis que l’OFPPT assure l’ancrage pédagogique, l’adaptation aux filières, et le suivi de cohortes sur la durée. Le résultat attendu dépasse la création d’entreprises à court terme ; il s’agit de diffuser un état d’esprit qui sert autant à entreprendre qu’à intraprendre dans une PME, une usine ou une collectivité. Insight final : quand la formation cesse de transmettre uniquement des réponses et apprend à formuler des problèmes, elle change durablement de nature.
Learning by Doing : comment le P.I.E transforme la formation en expérience d’innovation et d’entrepreneuriat
Au cœur du P.I.E, une idée directrice : l’apprentissage par l’expérimentation. Dans un environnement où l’on a longtemps privilégié la restitution de connaissances, le parti pris est assumé : confronter les stagiaires à des situations proches du réel, où l’incertitude fait partie du travail. Cette bascule n’est pas cosmétique. Elle modifie la posture de l’apprenant, qui passe d’exécutant à acteur, et celle du formateur, qui devient facilitateur et garant d’un cadre méthodologique.
Concrètement, le Programme s’étale sur 2 ans et combine ateliers, rencontres, sessions virtuelles et séquences en présentiel. Les participants y croisent des entrepreneurs, des experts sectoriels et des profils capables de « challenger » leurs hypothèses. Plutôt que de partir d’une idée géniale, ils partent d’un besoin repéré : un dysfonctionnement, une attente client, une inefficacité, un service manquant. Pourquoi ce choix ? Parce que l’Innovation utile naît rarement d’une intuition isolée ; elle émerge plus souvent d’une observation fine et d’itérations rapides.
Le P.I.E met un accent particulier sur le mindset entrepreneurial : perception des opportunités, capacité à prendre des risques mesurés, curiosité, sens de l’initiative, droit à l’erreur encadré. Ces compétences transversales ont une valeur directe sur le marché du travail. Un stagiaire qui sait tester un service auprès de dix clients potentiels, analyser les retours et ajuster son offre démontre une maturité très recherchée, y compris pour des postes non entrepreneuriaux.
Un exemple typique : une équipe issue d’une filière logistique identifie un problème de livraison du dernier kilomètre dans une zone périurbaine. Au lieu de rédiger immédiatement un business plan figé, elle mène une enquête terrain, cartographie les flux, et met en place un prototype simple : un point de collecte partagé avec un commerçant partenaire. L’objectif n’est pas d’être parfait, mais d’apprendre vite. Ce cheminement rend le « plan d’affaires » plus crédible : il s’appuie sur des données, même modestes, plutôt que sur des suppositions.
Dans les échanges autour du P.I.E, la Directrice du programme, Madame Lamya Housni, insiste sur un point clé : les stagiaires peuvent choisir de se spécialiser sur un secteur ou une technologie, selon leur appétence. Cette liberté est pédagogique : elle permet d’éviter l’entrepreneuriat générique, déconnecté des compétences métier. Insight final : le learning by doing ne consiste pas à “faire pour faire”, mais à apprendre en mesurant, en documentant et en décidant.
Les 3 étapes du Programme P.I.E : acculturation, fondamentaux, studio d’immersion pour jeunes entrepreneurs
Le P.I.E est structuré autour de trois étapes conçues comme une progression logique, depuis la découverte jusqu’à l’expérimentation intensive. Cette architecture évite un écueil fréquent : demander à des apprenants de « pitcher » une entreprise avant même d’avoir compris les mécanismes essentiels du marché, du client, du modèle économique ou de la gestion de projet. Ici, chaque phase prépare la suivante, tout en donnant des résultats concrets à court terme.
Sensibilisation et acculturation : déconstruire les stéréotypes sur l’entrepreneuriat
La première étape vise à installer une culture : comprendre ce qu’est entreprendre, pourquoi cela concerne aussi des profils techniques, et comment se forment les opportunités. Elle sert aussi à freiner les croyances limitantes : « il faut beaucoup d’argent », « il faut un réseau immense », « c’est réservé aux écoles de commerce ». Des échanges avec des porteurs de projets locaux jouent ici un rôle décisif : entendre un artisan, une entrepreneure du digital ou un gérant de petite unité industrielle raconter ses hésitations rend le parcours plus accessible.
Pour beaucoup de stagiaires, cette phase agit comme un déclic. Elle ne promet pas un succès rapide ; elle autorise simplement une question fondatrice : « et si une solution pouvait être conçue à partir de ce que la filière sait déjà faire ? »
Approfondissement des fondamentaux : outils, plan d’affaires et validation terrain
La deuxième étape aborde les méthodes : analyse de problème, segmentation client, proposition de valeur, marketing stratégique, estimation de coûts, premiers indicateurs. L’objectif n’est pas d’accumuler des documents, mais de comprendre les relations de cause à effet. Un prix mal calibré peut faire échouer une offre, même si le produit est bon. Une cible mal définie peut entraîner une communication inefficace, même avec un budget modeste.
Dans cette phase, les apprenants sont amenés à élaborer un plan d’affaires, tout en apprenant à le faire vivre : on corrige, on simplifie, on pivote. La discipline acquise ici est proche de celle attendue en entreprise : prendre des décisions sur la base d’éléments observables.
Studio d’immersion et d’expérimentation : prototypage, clients et gestion de projet
La troisième étape est la plus concrète : place au studio, aux tests, aux itérations. Les stagiaires recherchent de vrais clients, réalisent des démonstrations, gèrent des jalons, et apprennent à documenter ce qu’ils ont tenté. C’est également un entraînement à la responsabilité : une promesse faite à un client impose une exécution, même imparfaite. Insight final : la meilleure pédagogie entrepreneuriale est celle qui transforme l’incertitude en méthode.
Régions pilotes et déploiement national : ce que change le lancement du P.I.E pour le développement territorial
Le déploiement du P.I.E a commencé par des régions pilotes — Souss-Massa, l’Oriental et Laâyoune-Sakia El Hamra — avec une montée en charge progressive. Ce choix n’est pas anodin : ces territoires présentent des réalités économiques différentes, permettant de tester le Programme sur des contextes variés, du tissu PME aux enjeux logistiques, en passant par des filières à fort potentiel (services, industrie, agriculture valorisée, énergies, numérique). Une expérimentation multi-territoires offre un avantage rare : comparer ce qui fonctionne partout et ce qui doit être adapté localement.
En 2026, la question n’est plus uniquement celle du nombre de bénéficiaires, mais de la qualité de l’ancrage. Un programme entrepreneurial efficace doit dialoguer avec l’écosystème : chambres professionnelles, associations, incubateurs, clusters, collectivités. Sans ces ponts, le risque est de produire de bons exercices pédagogiques… mais peu d’opportunités réelles. Le P.I.E, tel qu’il est conçu, mise sur des rencontres avec des entrepreneurs et des experts, qui jouent le rôle de miroir : ils apportent le langage du marché, les contraintes réglementaires, la réalité de la trésorerie, la saisonnalité de la demande.
Tableau de lecture : objectifs, modalités et effets attendus
| Élément 🔎 | Ce que prévoit le P.I.E 🧩 | Effet recherché 🌍 |
|---|---|---|
| Régions pilotes 🗺️ | Souss-Massa, Oriental, Laâyoune-Sakia El Hamra (phase initiale) | Tester l’adaptation locale avant extension nationale |
| Format 🎓 | Ateliers hybrides (présentiel/virtuel) + immersions | Accessibilité, flexibilité et mise en pratique |
| Rencontres 🤝 | Entrepreneurs, experts, retours terrain | Réaligner les projets sur des besoins solvables |
| Expérimentation 🧪 | Prototypage, tests clients, itérations | Réduire le risque et accélérer l’apprentissage |
Un exemple d’effet territorial : dans une région où l’emploi saisonnier domine, un projet peut viser à stabiliser les revenus via un service complémentaire hors saison (maintenance, transformation, e-commerce local). Dans un autre territoire, l’enjeu peut être la digitalisation d’un métier traditionnel. Le P.I.E n’impose pas un modèle unique ; il offre un cadre commun pour produire des réponses différentes.
Ce pragmatisme rejoint un principe RH bien connu : la meilleure politique de compétences est celle qui relie la formation à des trajectoires concrètes. En reliant Innovation et Développement territorial, le P.I.E installe une promesse crédible : former des personnes capables de créer leur propre option, plutôt que d’attendre qu’elle apparaisse. Insight final : un programme entrepreneurial réussit quand il fait émerger des solutions utiles à une économie locale réelle, pas à un marché imaginaire.
Former les formateurs OFPPT : certification, appel à participation et qualité pédagogique du Programme P.I.E
Un dispositif ambitieux ne tient pas uniquement par sa maquette ; il tient par celles et ceux qui le font vivre. C’est la raison pour laquelle le P.I.E prévoit un volet explicite de montée en compétences des équipes pédagogiques, via un appel à participation adressé aux enseignants et formateurs de l’OFPPT. L’objectif est double : d’une part, permettre aux formateurs d’acquérir les méthodes et outils de l’Entrepreneuriat expérimental ; d’autre part, créer une communauté interne capable d’animer ateliers et cours avec cohérence, quel que soit le territoire.
Dans l’univers de la formation, la qualité se joue souvent dans les détails : une consigne trop floue, un exercice mal calibré, un feedback absent, et l’apprenant se désengage. À l’inverse, un cadre clair, des critères d’évaluation transparents et un accompagnement régulier transforment un module en expérience structurante. La certification annoncée à l’issue des formations des formateurs constitue ici un levier de standardisation positive : elle sécurise un socle commun, tout en laissant la place à l’adaptation selon les filières.
Compétences visées chez les formateurs : au-delà des contenus
Le formateur P.I.E n’est pas seulement un transmetteur de notions. Il doit savoir orchestrer une dynamique : aider un groupe à choisir une problématique, pousser à l’enquête terrain, apprendre à prototyper avec des moyens limités, et accompagner un pitch sans le transformer en concours d’éloquence. Cette posture exige une vraie maîtrise de la facilitation. Elle requiert aussi une capacité à gérer l’échec pédagogique : un test client négatif n’est pas une mauvaise note, c’est une information.
Liste de pratiques pédagogiques clés encouragées dans le P.I.E
- 🧭 Faire formuler un problème avant toute solution, pour éviter les projets « hors-sol ».
- 🧪 Imposer des tests rapides (micro-enquêtes, prototypes simples) plutôt que des dossiers trop longs.
- 🗣️ Structurer des sessions de feedback régulières, basées sur des critères observables.
- 📊 Encourager une culture de la mesure (taux de réponse, intentions d’achat, coûts estimés), même rudimentaire.
- 🤝 Mettre en relation avec des professionnels locaux pour ancrer la démarche dans la réalité.
Au milieu de cet édifice, une question demeure stimulante : comment garantir l’homogénéité de qualité tout en préservant la créativité locale ? La réponse se trouve souvent dans une ingénierie simple : des outils communs, une certification, des retours d’expérience partagés, et des marges d’adaptation explicites. C’est ici que la Collaboration avec l’UM6P apporte une valeur ajoutée : capacité à documenter, à évaluer et à améliorer en continu. Insight final : la réussite du P.I.E dépend autant de la qualité des formateurs que de la motivation des jeunes entrepreneurs en devenir.
Pour visualiser le parcours et ses jalons, l’outil suivant aide à se repérer rapidement dans la progression et les livrables attendus.
Frise chronologique interactive — Programme d’Innovation Entrepreneuriale (P.I.E)
Un parcours sur 2 ans structuré en 3 étapes : sensibiliser, outiller, puis expérimenter en studio jusqu’au lancement.
Astuce : utilisez les flèches gauche/droite pour naviguer entre les étapes (quand la frise est sélectionnée), et Entrée/Espace pour ouvrir/fermer une carte.
Détails de l’étape sélectionnée
Sélectionnez une étape sur la frise pour voir objectifs, activités, livrables et indicateurs.
Checklist de progression
Cochez ce qui est réalisé (stocké dans votre navigateur).
Les coches sont mémorisées en local (sans serveur). Vous pouvez adapter les critères selon votre article.
Lecture rapide
Qui peut bénéficier du Programme d’Innovation Entrepreneuriale (P.I.E) ?
Le P.I.E s’adresse prioritairement aux stagiaires de l’OFPPT, avec un parcours intégré sur deux ans animé par des formateurs formés et certifiés. Le programme est pensé pour des profils variés, y compris techniques, et pas uniquement pour des publics déjà attirés par l’entrepreneuriat.
Le P.I.E vise-t-il uniquement la création d’entreprise ?
Non. Le programme développe des compétences entrepreneuriales transférables : identifier une opportunité, tester une solution, gérer un projet, comprendre un marché. Ces acquis servent à créer une activité, mais aussi à réussir en entreprise (intrapreneuriat, amélioration continue, innovation de terrain).
Quelles sont les 3 étapes du P.I.E et à quoi servent-elles ?
Le parcours suit une progression : 1) sensibilisation et acculturation pour installer la culture et lever les stéréotypes ; 2) fondamentaux et outils pour structurer une offre et valider des hypothèses ; 3) studio d’immersion et d’expérimentation pour prototyper, tester auprès de clients et apprendre par itérations jusqu’à un pitch et un plan d’action crédibles.
Pourquoi un appel à participation est-il lancé auprès des formateurs de l’OFPPT ?
Parce que la qualité du programme dépend de la capacité des formateurs à animer des ateliers orientés terrain, à faciliter l’expérimentation et à accompagner les stagiaires. Les formations proposées permettent d’acquérir ces méthodes, puis une certification vient reconnaître le niveau atteint.
Qu’apporte l’UM6P dans cette collaboration avec l’OFPPT ?
L’UM6P apporte une expertise en innovation, en pédagogies actives et en accompagnement entrepreneurial. Combinée à la capacité de déploiement de l’OFPPT, cette collaboration vise à installer des approches “learning by doing” à grande échelle, tout en gardant un haut niveau d’exigence méthodologique.

Benjamin Le Goff, redacteur en chef et fondateur, ancien consultant en strategie RH passe par les grands cabinets internationaux. Specialiste du tissu economique marocain et observateur attentif des transformations sociales qui touchent les cols blancs comme les ouvriers du Royaume, Benjamin publie chaque semaine une enquete, une analyse de fond ou une interview de DRH ou de dirigeant. La ligne editoriale assume sa subjectivite : rigueur factuelle, sources verifiables et zero complaisance commerciale.
